Guide pour retrouver les couleurs primaires dans les différentes gammes et marques d’aquarelle.
Comme on le sait, on peut obtenir toutes les couleurs dont on a besoin ou presque rien qu’avec les trois couleurs primaires. Il est donc conseillé, notamment quand on commence et qu’on ne sait justement pas par où commencer, d’avoir dans sa palette au moins les trois couleurs primaires. Oui mais lesquelles ce sont les trois primaires ? Parce que, on le sait, les marques ne donnent pas toujours le même nom à leur couleurs et n’indiquent pas toujours lesquelles sont les primaires.
En fait, on peut – mais pas que parce qua ça serait trop simple – repérer les pigments :
PY3, PY74 ou PY154 pour le jaune
PR122 pour le rouge (ou, en deuxième choix, PV19)
PB15 pour le bleu (PB15:6 à tendance rougeâtre et PB15:3 à tendance verdâtre)
(voir Liste de couleurs (pigments) sur Wikipédia) Bien sûr, comme c’est une couleur qui sera destinée à être mélangée souvent, elle est mono-pigmentaire.
Néanmoins, parfois, ce sont d’autres pigments selon les recommandations des marques.
Voici donc, ci-dessous, de quoi se repérer ! (nom de la couleur, pigment correspondant et référence) Les couleurs marquées * sont celles qui m’ont été directement indiquées par le fabricant. Sauf mention contraire, il s’agit d’aquarelles extra-fines.
Chez Blockx
Jaune primaire (PY154) – 4.x.313
Quinacridone magenta (PR122) – 4.x.329
Bleu primaire (PB15:3) 4.x.152
Chez Daler-Rowney
Gamme Artist’s
Jaune citron (PY3) – 651
Magenta quinacridone (PR122) – 414
Bleu de phtalo teinte rouge (PB15) – 139 Bleu de phtalo teinte verte (PB15:3) – 140
Gamme Aquafine (aquarelle super-fine)
Jaune citron (PY3) – 651 *
Vermillon (PR255) – 588 * La couleur correspondant au PR122 est le magenta quinacridone – 414
Bleu céruléum (PB15 / PW6) * La couleur correspondant au PB15 est le bleu de phtalo – 142
Chez Daniel Smith
Jaune Hansa clair (PY3)
Quinacridone lilas (PR122)
Nuance de bleu de manganèse (PB15) Bleu phtalo GS (vert) (PB15:3) Bleu phtalo RS (rouge) (PB15:6)
Chez Isaro
Jaune Isaro clair (PY154) – A16 *
Bleu phtalo (PB15:3) – A07 *
Rouge scarlet (PR255) – A32 * et Rose Isaro (PR122) – A27 * La couleur correspondant au PV19 est le Magenta – A18
Pour une palette complète, Isaro conseille en plus :
Jaune safran (PY110) -A62 *,
Jaune chartreuse (PY129) – A46 *,
Ocre jaune (PY42) – A22 *,
Rouge de pyrrole foncé (PR264) – A33 *,
Bleu outremer (PB29) – A06 *,
Bleu de Prusse (PB27) – A03 *,
Bleu ceruleum (PB35) – A01 *.
Chez Lukas
Jaune citron (PY3) – 1021 *
Magenta (PY122) – 1051 *
Cyan (PB15:3) – 1118 *
Chez MaimeriBlu
Jaune primaire (PY97) – 116 *
Rouge primaire magenta (PV19) – 256 *
Bleu primaire cyan (PB15:3) – 400 *
Chez QoR
Jaune benzimadazolone (PY154) – 126 * ou jaune Hansa clair (PY3) – 110 * ou jaune vanadate de bismuth (PY184) – 115 *
Magenta quinacridone (PR122) – 265 * ou rouge quinacridone (PV19) – 235 * si vous préférez
Comprendre les indications sur les tubes et godets d’aquarelle pour mieux les choisir avant de les acheter
NB : Premier article d’une série sur les couleurs aquarelle 😉
Chaque couleur aquarelle a ses spécificités. Sa transparence, sa résistance à la lumière, son nombre de pigments nécessaires à sa fabrication, etc. sont autant d‘indications qu’il peut être intéressant prendre en compte au moment de vos achats et de votre utilisation.
Encore faut-il savoir que ces propriétés existent et pouvoir les comprendre !
Savoir lire les étiquettes de ses aquarelles, alors même que tous les fabricants n’utilisent pas les mêmes échelles, peut s’avérer compliqué. Et parfois, on ne trouve les indications qu’en anglais.
Pour vous aidez (enfin, à la base, pour m’aider moi, mais je partage !), voici les différentes infos et les échelles que j’ai trouvé et ce qu’elles signifient.
Une étiquette (noir d’ivoire de Sennelier)
Les propriétés
Gamme
Au moment de la fabrication de la peinture, le pigment est broyé plus ou moins. Plus il est broyé finement, plus la peinture est de qualité. La première gamme est nommée « fine » ou « étude » ou « studio » ; puis vient la « superfine » et, la meilleure qualité est l’ »extra-fine« .
L’aquarelle fine peut-être intéressante pour les petits budgets et/ou pour débuter. Elle est aussi utile pour faire des fonds ou quand on en a besoin en grande quantité.
Pour que cela soit plus drôle (!), les fabricants donnent parfois un nom à leurs différentes gammes et c’est uniquement ce nom qui est indiqué !
Sachez que vous avez affaire à de l’extra-fine (donc la meilleure gamme) si c’est écrit :
Artistou Professionalchez Daler-Rowney
Professionalchez Winsor & Newton
Aquarell1862 chez Lukas
Horadamchez Schminke
L’Aquarelle chez Sennelier
Rembrandtchez Royal Talens
+ la gamme granuleuse de Daniel Smith, PrimatTek
Isaro ne fait que des l’aquarelle extra-fine
Parmi les noms utilisés pour de la super-fine, vous trouverez :
Cotmanchez Winsor & Newton
Aquafinechez Daler-Rowney
Van Goghchez Royal Talens
Pour de la fine, vous pouvez trouver les indications suivantes :
Akademiechez Schmink
Studiochez Lukas
La petite aquarelle chez Sennelier
Je ne fais, pour l’instant, pas de grand format et j’en suis à une étape où j’essaye de me perfectionner, j’ai donc envie de n’acheter que de l’extra-fine. Quitte à acheter moins de couleurs ce qui m’aidera grandement à me perfectionner sur les mélanges 😉
Pour simplifier, voici ce que je garde en tête au moment de mes achats :
Aquarelle extra-fine
Aquarelle non extra-fine
« Artist », « Professional », « Aquarell 1862 », « Horadam », « L’Aquarelle », « Rembrandt », « PrimatTek », tout Isaro
« Cotman », « Aquafine », « Van Gogh », « Akademie », « Studio », « La petite aquarelle »
Pigment(s)
Une couleur a été fabriquée à l’aide de un ou plusieurs pigments. Plus une couleur contient de pigments, plus vous risquez les surprises au moment où vous allez vous même la mélanger à une autre. Mais bon, ça se teste tout ça 😉
Le pigments est indiqué à l’aide de l’index des couleurs composé d’une première lettre, qui indique si le pigment est de synthèse ou naturel, d’une ou deux autres lettres qui indiquent sa gamme de couleur et enfin un numéro pour désigner précisément le pigment :
« P » pigment de synthèse
« N » pigment d’origine naturelle
B = Blue : bleus, turquoises
Bk = Black : noir, gris
Br = Brown : brun, certains jaunes
G = Green : verts, turquoises
O = Orange : orange, brun
R = Red : Rouges, roses, certains pourpres, marrons
V = Violet : violets, bleus violacés, roses
W = White : blanc
Y = Yellow : jaunes, jaunes orangés
Exemple : « PBk6 » est le pigment de synthèse noir de fumée.
Exemple de trois couleurs utilisant le pigment PY150 chez QoR
À mon niveau, je regarde seulement de combien de pigments la couleur est constituée. Je ne me pose pas de question quand il n’y en a qu’un seul ; je commence à hésiter quand il y en a trois. Cela dit, si une couleur est très particulière et me plaît, il est tout à fait pertinent que je l’achète pour l’utiliser telle qu’elle.
La résistance à la lumière concerne l’exposition… à la lumière (quelle soit naturelle ou artificielle). Le mot permanence est utilisé différemment selon les fabricants mais si vous le voyez dans une fiche technique de vos couleur aquarelle, il est possible que cela fasse référence à la tenue à la lumière.
Résistance à la lumière / Lightfastness / Solidité
I : Excellente résistance à la lumière (+100 ans dans des conditions normales, 3 à 4 mois en exposition directe l’été)
II : Solide / Very good (entre 50 et 100 ans dans des conditions normales, 6 à 8 semaines en exposition directe l’été)
III : Peu solide / Fair/Non-permanent (entre 15 et 50 ans dans des conditions normales, 2 à 5 semaines en exposition directe l’été)
Sachez qui si vous tombez sur une référence « BWR » alors :
8 et 7 correspondent au niveau I
6 au niveau II
5 et 4 au niveau III
3, 2 et 1 aux niveaux IV et V
Vous verrez aussi la résistance à la lumière indiquée avec des étoiles. Certains seront sur une échelle de cinq niveaux, d’autres sur trois niveaux :
***** ou *** Extrêmement résistant / Extremely lightfast
**** ou ** Bonne résistance / Good lightfast
*** ou * Résistant / Lighfast
** Assez résistant / Limited lightfast
* Peu résistant / Less lightfast
Enfin, vous pouvez aussi voir la résistance à la lumière notée avec des plus :
º : 0 – 10 ans sous éclairage de musée
+ : 10 – 25 ans sous éclairage de musée
++ : 25 – 100 ans sous éclairage de musée
+++ : 100 ans minimum sous éclairage de musée
NB : J’ai fais un tableau récapitulatif en fin d’article qui devrait vous aider à vous y retrouver entre les différentes marques.
Exemple chez Winsor & Newton : légende expliquant la résistance à la lumière et exemple de fiche pour le Rouge quinacridone
Permanence / Stabilité / Permanence
Comme vu plus haut, le mot permanence peut être utilisé dans le sens de résistance à la lumière. Mais certaines marques l’utilise pour parler de la résistance d’une couleur dans le temps. Vous la trouverez notamment chez Winsor & Newton sous forme de lettres (il semblerait qu’on peut aussi la trouver sous forme d’étoiles (oui, oui, alors que les étoiles sont aussi utilisées pour la résistance à la lumière) mais je n’ai pas trouvé d’exemple) :
AA : Extrêmement permanent
A : Permanent
B : Moyennement permanent
Permanence et résistance
Sans qu’il ait de valeur objective, voici un tableau récapitulatif personnel ayant pour but de simplifier et de ne garder que trois valeurs :
Très bon, bon niveau
Niveau correct
Niveau faible
J’achète, je sais que je pourrais l’utiliser pour toutes les circonstances, y compris pour l’afficher, y compris pour vendre.
Je peux acheter et utiliser. Notamment dans des carnets.
Je n’achète pas ou alors vraiment que pour du test qui restera dans les cartons.
I ***** / **** *** (échelle de trois) +++ / ++ AA
II *** ** (échelle de trois)
A
III ** / *
+ / º B
Transparence vs. opacité / Coverage
La transparence fait partie des spécificités de l’aquarelle. Plus une couleur est transparente, plus le papier dessous, souvent blanc, ressortira et plus la couleur sera lumineuse.
Je privilégie donc uniquement les couleurs transparentes ou semi-transparentes. Cela dit, cela correspond à là où j’en suis actuellement. Une couleur opaque n’est pas une mauvaise couleur et on peut la préférer par goût ou selon ce que l’on souhaite faire dans un cas précis.
Sur les fiches techniques des couleurs, la transparence est souvent notée de la même façon : un carré. Restez tout de même vigilants : j’ai déjà vu la transparence indiquée sous forme de rond (chez Daniel Smith par exemple) ; voyez s’il y a une légende. D’autant plus que le rond est utilisé pour la ténacité par d’autres (QoR par exemple).
Revenons à notre symbole pour la transparence :
S’il est blanc (vide), la couleur est transparente ;
barré, la couleur est semi-transparente,
à moitié noir : couleur semi-opaque
et enfin, totalement noir (plein) pour une couleur opaque.
NB : Parfois, semi-transparent et semi-opaque sont réunis sous une même notion et sont indiqués par le symbole à moitié rempli.
Vous pouvez aussi trouver cette indication avec les lettres (S)T/O.
T : Transparent / transparent
ST : Semi-transparent / translucent (attention « St » est parfois utilisé pour la ténacité. Voir ci-après)
SO ou T/O : Semi-opaque / frosted
O : Opaque / opaque
Exemple de transparence : le carmin de Rembrandt et le Poussière d’étoile d’Isaro. J’ai mis un gros plan pour qu’on voit mieux la superposition des deux mais on voit mal le côté doré du poussière d’étoile par contre.
On parle de ténacité ou de couleur teintante pour désigner une couleur qui teintera le papier et sur laquelle il sera difficile de revenir. Une couleur peu teintante peu donc être « enlevée » du papier avec de l’eau. Une couleur teintante est aussi dite colorante ; elle peut avoir tendance à prendre le pas dans les mélanges, c’est important à prendre en compte !
À savoir néanmoins : la tenacité dépend beaucoup du papier. Pour cette raison, certains fabricants ne la renseigne pas.
Une couleur teintante peu être notée par un rond plein. Une couleur peu teintante est alors notée par un rond vide. Attention, certaines marques vont utiliser un triangle ou même un losange pour indiquer une couleur très adhérante. Vous pouvez aussi la trouver sous forme d’une échelle de 1 à 4, voir en toutes lettres :
1 / Non teintant / No staining
2 / Peu Teintant / Low staining
3 / Teintant / Medium / Moderate staining / St
4 / Très teintant / Hight / Heavy staining
On oppose à la ténacité le fait qu’une peinture granule (voir juste après). Vous pouvez donc parfois. trouver une échelle à quatre niveaux avec un rond à moitié plein et un rond barré marquant l’intermédiaire entre teintant et granuleux.
Exemple de légende sur un nuancier Blockx
Ganulosité / granulation
La granulosité est souvent traitée à part.
La granulosité c’est donc un effet de matière que peut donner l’aquarelle. C’est un élément qu’on peut soit fuir, soit au contraire rechercher. Les pigments d’une couleur granuleuse vont très légèrement se rétracter donnant une texture qui peut donner de l’irrégularité (très intéressante pour, par exemple, un ciel couvert, de la terre, une pierre, etc.)
La granularité n’est pas toujours indiquée. Quand elle l’est, cela peut être via un « G », un « Y » pour Yes (mais ça sera indiqué dans la légende) et cela peut donc être opposé, comme on l’a vu, à « St » pour la ténacité (Staining)
Exemple de granulation : le vert sous-marin de Daniel Smith (Avec cette couleur on est dans le cas que je citais plus haut : la couleur est composée de trois pigments mais je ne pense pas la mélanger souvent ; c’est vraiment pour sa spécificité que je l’aime.)
Série
Vous trouverez aussi souvent un numéro de série qui se réfère à la gamme de prix du fabricant. Au sein d’une même « qualité » (extra-fine, super-fine, fine), le prix peut varier en fonction du ou des pigments utilisés car ils sont plus ou moins chers.
En résumé
Donc, pour ma part, au moment d’acheter une couleur aquarelle je privilégie :
de l’extrafine ;
« I » ou « *** » et plus pour une couleur suffisamment résistante à la lumière ;
un carré blanc ou barré pour une couleur transparente ou semi-transparente ;
constituée d’un ou deux pigments (mais si une couleur me plaît beaucoup telle quelle et qu’elle a plus de pigments, je ne m’arrête pas).
Bien sûr, le prix est aussi un critère important et propre à chacun, ses possibilités et ses objectifs.
Mon mémo :
« Artist », « Professional », « Aquarell 1862 », « Horadam », « L’Aquarelle », « Rembrandt », « PrimatTek », tout Isaro
Nombre de pigments
I / **** / **** / +++ / ++
Carré vide ou carré barré (ou carré à moitié plein)
Rond plein ou G ou Y ou X est un plus pour moi 😉
Faites-vous, vous aussi, votre mémo en fonction de vos critères pour avoir toutes les infos dont vous avez besoin au moment de choisir 😉
Attention, il peut tout à fait arriver que vous constatiez des différences entre les déclarations des marques et vos constats. Cela peut venir du mode de qualification des marques, mais il y a aussi des propriétés qui varient beaucoup selon le type de papier. La meilleur solution : tester. Cela permet de bien connaître ses couleurs et de se les approprier.
Si vous voulez creuser ce sujet, vous pouvez aussi aller voir la très chouette vidéo de Remy Lach qui interviewe le chimiste de chez Daler-Rowney. C’est long mais plein d’explications !
Tableau récapitulatif des lettres et symboles par marque d’aquarelle
Chez…
…si vous avez ça…
…cela veut dire :
PIGMENT
Toutes les marques
« P » et 1 ou 2 lettres
Pigment synthétique
« N » et 1 ou 2 lettres
Pigment naturel
« P » ou « N » et
B
Pigment bleu ou turquoise
Bk
Pigment noir
Br
Pigment brun, éventuellement jaune
G
Pigment vert ou turquoise
O
Pigment orange ou brun
R
Pigment rouge, rose, pourpre ou éventuellement marron
V
Pigment violet, bleu violacé ou rose
W
Pigment blanc
Y
Pigment jaune
RÉSISTANCE À LA LUMIÈRE
QoR Sennelier Winsor & Newton
I
Excellente
II
Très bonne
III
Bonne
Sennelier (se réfère à la norme mais diffère dans la légende)
I ou ***
Très bonne
II ou **
Bonne
III ou *
Moyenne
Daler-Rowney
****
Permanent
***
Normalement permanent
**
Modérément permanent
*
Faiblement permanent
Daniel Smith (se réfère à la norme mais diffère dans la légende)
I
Excellente (niveau I)
II
Très bonne (niveau II)
III
Correcte (niveaux II et III)
IV
Faible (niveau III et IV)
Smincke
*****
Excellente
****
Bonne
***
Correcte
**
Limitée
*
Faible
–
Aucune
Holbein Sennelier White nights
***
Très bonne
**
Bonne
*
Correcte
Blocks
Pas d’indication car toutes leurs couleurs sont de niveau I
Rembrandt / Van Gogh
+++
Très bonne
++
Bonne
+
Moyenne
°
Faible
TRANSPARENCE
Daniel Smith
Rond vide
Transparente
Rond à moitié plein
Semi-transparente
Rond plein
Opaque
QoR Rembrandt / Van Gogh Smincke Winsor & Newton
Carré vide
Transparente
Carré barré
Semi-transparente
Carré à moitié plein
Semi-opaque
Carré plein
Opaque
Sennelier White Nights
Carré vide
Transparente
Carré à moitié plein
Semi-opaque
Carré plein
Opaque
Holbein
T
Transparente
B
Semi-transparente
O
Opaque
TÉNACITÉ
Blocks
Rond vide
Teintante
Rond barré
Rond à moitié plein
Rond plein
Non teintante (granuleuse)
Daniel Smith
1
Non tenace
2
Peu tenace
3
Moyennement tenace
4
Très tenace
Holbein
S
Tenace
N
Non tenace
Rembrandt / Van Gogh
Losange plein
Tenace
Scmincke White Nights
Triangle vide
Non tenace
Triangle à moitié plein
Semi-tenace
Triangle plein
Tenace
Winsor & Newton
St
Tenace (opposé à G, granuleuse)
QoR
Rond à moitié plein
Semi-tenace
Rond plein
Tenace
GRANULOSITÉ
Blocks
Rond plein
Granuleuse
Daniel Smith
N
Non granuleuse
Y
Granuleuse
Holbein
X
Granuleuse
QoR Rembrandt / Van Gogh White Nights Winsor & Newton
G
Granuleuse
En commençant cet article, je ne pensais pas y passer autant de temps. Mais finalement les informations qui semblaient contradictoires, les informations parfois difficiles à trouver sur les sites des marques et la clarification de tout ça a demandé de beaucoup creuser. Autant de temps que je souhaite donc vous avoir épargné 😉
J’espère avoir pu vous aider à vous y retrouver un peu, à comprendre vos tubes et à faciliter vos achats !
Alors oui, le lavis, il faut avoir essayer d’en faire un pour comprendre en quoi en réussir un donne un sentiment de victoire et de fierté 😀
Un lavis est tout simplement un aplat de couleur(s), unie, dégradée ou panachées. Il consiste « juste » à faire des lignes de couleurs jusqu’à avoir couvert la zone voulue. Hélas, très souvent, des stries, des tâches, des auréoles se produisent !
Le lavis est à la fois une des premières choses, je crois car je n’ai jamais pris de cours – qu’on apprend quand on commence, il est à la base de plein de compositions (ciel, mer, fond…) et c’est peut-être aussi une des plus difficile car c’est plein de petits pièges techniques qu’on n’est pas forcément encore en mesure d’analyser.
Je suis tombée sur une vidéo très complète qui non seulement dit ce qu’il faut faire, mais explique ensuite les erreurs les plus courantes, pourquoi elles se produisent et comment les éviter.
Grâce à cette vidéo, j’ai eu envie de tester et, après un essai où les stries tant redoutées sont apparues, j’ai pu enchaîner deux beaux lavis, avec encore quelques défauts mais, à mon avis, suffisamment corrects pour les en faire une composition.
Dès le deuxième essai en appliquant tous les conseils, le résultat est satisfaisant. Au 3e essai, j’ai tenté avec une couleur granulante. La tache plus foncée que l’on voit, c’est parce que je suis passée très légèrement en dessous du bourrelet à cette endroit, il y a donc eu une petite accumulation de couleur juste au-dessus.3e essai. Sur du papier cellulose cette fois (les autres étaient sur du papier coton).
Manu Larcenet – auteur des BD Le Retour à la terre (avec Jean-Yves Ferri) et Le Combat ordinaire pour ne citer que celles que j’adore – s’est amusé pendant le confinement de 2020 (qu’est-ce qu’on s’amuse pendant le confinement) à faire un album autour de l’art.
Il a en effet repris des œuvres d’art dans lesquels il promène son personnage – à la première personne, si c’est lui qu’il a représenté, il n’est pas tendre avec lui-même !
Une petite phrase accompagne chaque illustration et c’est plein d’humour.
Magritte, Malevitch, Schiele, De Vinci, Pollock, Rubens, Piero della Francesca… accueillent Larcenet au cœur de leurs peintures et de leurs propres personnages – Marie, la maman vierge de [son] pote Jésus est souvent là.
Simple et rigolo, une bonne façon aussi d’aborder – et de (faire semblant de) désacraliser l’art ! Je vous le recommande.
« Chez Hopper, pas de problème, c’est hyper safe, stérilisé et tout. En revanche, on s’emmerde un peu. » Edward Hopper, Soleil dans une chambre vide (1965), collection privée« Quand je suis passée chez Rembrandt, le chef de file de l’école hollandaise, il rentrait d’Amsterdam chargé comme un mulet. » Rembrandt, La Parabole de l’homme riche (1627), Gemäldegalerie, Berlin« De la soirée chez Kandinsky, je ne vais pas mentir : je ne me souviens de rien. » Vassilly Kandinsky, Composition no VII (1913), Galerie Tretiakov, Moscou
Je vous laisse aller découvrir les autres !
Moi ça me donne bien envie d’un deuxième tome (bon, pas besoin de nous reconfiner pour de vrai, hein ! On connaît bien maintenant).
Confinement en œuvres, Manu Larcenet Éditions Les Rêveurs 13 novembre 2020 ISBN : 978-2-37894-101-7
J’ai apprécié ce mélange des genres où la bande-dessinée, d’humour, s’offre une représentation « beaux-arts » via des sculptures en bronze mais où l’exposition a lieu dans la rue et non derrière les murs d’un musée.
Il y a quelques années, j’avais vu l’exposition « Le Japon au fil des saisons » au musée Cernuschi et j’avais été enchantée. Cette fois-ci, c’est l’exposition « Peindre hors du monde, Moines et lettrés des dynasties Ming et Qing » que je suis allée voir et, bon, j’avoue : j’aurais voulu ramener certaines pièces chez moi pour m’en inspirer et les accrocher dans mon salon !
L’exposition présente une centaine de pièces, toutes issues d’une même collection à laquelle son propriétaire, Ho Iu-kwong, suivant la tradition chinoise, avait donné le nom de Chih Lo Lou c’est-à-dire le « le pavillon de la félicité parfaite » ?
Cette collection réunie des œuvres datant d’une période troublée (du milieu du XVe siècle au début du XVIIIe siècle) durant laquelle de nombreux intellectuels se sont retirés « hors du monde » et on peint la nature et le paysage, considéré comme le lieu de retraite par excellence. Les monts Huang (Monts jaunes) deviendront même un thème artistique et un lieu de retraite particulièrement répandu.
L’exposition met aussi en avant la pratique de la référence : les artistes peignent avec le style d’un maître du passé, les inscriptions permettant de détaillée la référence faite. La calligraphie fait donc partie de l’œuvre et de la composition. J’ai d’ailleurs appris que les sceaux présents sur l’œuvre ne sont pas seulement ceux de l’artiste : chaque propriétaire de l’œuvre vient aussi successivement y mettre le sien.
En parlant de calligraphie, un style se développe lors de cette période et est présenté dans l’exposition : la cursive qui, comme la cursive dans notre alphabet latin, contribue à la fluidité entre les idéogrammes.
On apprend aussi que dans cette même période, on valorise l’étrangeté (qi 奇) et l’artiste Fu Shan aurait déclaré préférer « le gauche à l’habile, le laid à l’élégant, (…) le spontané au prémédité », ça me plaît bien 🙂
La poésie est également présente : soit que les artistes se sont inspirés de poèmes, soit que des annotations poétiques font partie de l’œuvre. Là encore, le paysage est à l’honneur. J’ai d’ailleurs eu un vrai coup de cœur pour les Paysages de Yun Shouping mais je n’en ai hélas pas de reproduction. Le catalogue aurait pu m’en laisser une trace mais n’y était reproduit qu’en tout petit (et les photos étaient interdites à l’exposition).
Encre de chine sur rouleaux de soie, arbres, montagnes, rivières, calligraphies… c’était un foisonnement de choses à regarder, toutes plus fines et délicates les unes que les autres ! Les compositions méritent à elles toutes seules notre attention, équilibrant les espaces denses, les vides, les idéogrammes et même les sceaux.
Encore une fois, c’était un plaisir d’aller au musée Cernuschi, de faire un tour dans la collection permanente – ne serait-ce que pour aller saluer le grand Bouddha – et, ce qui ne gâche rien, repartir par le parc attenant.
J’ai enfin pu aller à l’exposition Botticelli organisée par le musée Jacquemart-André à Paris. Je pense, jusque là, n’avoir eu que deux occasions de voir des œuvres de Botticelli en vrai. À Florence, il y a plus de vingt ans – certes, une belle occasion – et au Louvre, par surprise, en allant voir Soulages.
J’ai donc bien profité de ma visite. Bon, malgré des conditions difficiles (trop de monde par rapport à la taille des salles, beaucoup de reflets sur les œuvres – et quand il y a du monde, on ne choisit pas facilement l’angle par lequel on regarde).
On y voit autant des œuvres de Botticelli que des œuvres de ses contemporains, principalement de son atelier. Le parti-pris de cette exposition étant de montrer aussi « l’industrialisation » de l’artiste qui déclinait et faisait décliner ses succès par ses élèves – pratique tout à fait courante à l’époque. Tout est donc de la « facture », du style Botticelli et je me suis régalée : c’est doux, c’est lumineux, c’est envoûtant.
Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510), Vierge à l’Enfant avec le jeune saint Jean-Baptiste, vers 1505, tempera et huile sur
toile, 134 x 92 cm, Florence, Gallerie degli Uffizi (Palazzo Pitti, Galleria Palatina), Photo : Gabinetto Fotografico delle Gallerie degli Uffizi
Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510), Figure allégorique dite La Belle Simonetta, vers 1485, tempera et
huile sur bois de peuplier , 81,8 × 54 cm, Francfort-sur-le-Main, Städel Museum, CC BY-SA 4.0 Städel Museum, Frankfurtam Main
Francesco Rosselli d’après Botticelli, L’Assomption de la Vierge
Botticelli, Saint Juste expulsant les démons de la région de Volterra
Les démons ne sont-ils pas adorables !
Alessandro Filipepi dit Botticelli (vers 1445 – 1510), Judith tenant la tête d’Holopherne, fin des années 1490, tempera sur bois, 36,5 x
20 cm, Amsterdam, Rijksmuseum, Legs de J.W.E. vom Rath, Photo : Rijksmuseum, Amsterdam
Comme toujours, après la visite, je suis allée à la boutique espérant ramener un catalogue, un livre qui prolongerait le plaisir des yeux et, comme toujours, je n’ai rien trouvé à la hauteur. C’est récurrent chez moi et je pense que c’est assez logique : ce sont les œuvres que j’ai envie de ramener chez moi en fait 😀 …À voir si, comme souvent, je vais regretter et revenir acheter un catalogue 😀
Petite déception en passant : quitte à aller à Jacquemart-André, où je ne suis allée qu’une fois il y a longtemps, j’étais contente de revoir le très joli jardin d’hiver… qui était en travaux ! Quant-à l’escalier, je me le rappelais plus impressionnant que ça, j’avais l’impression qu’on avait plus de recul pour le voir.
En tout cas, je suis bien contente de ne pas avoir manqué cette occasion !
Je ne sais d’où me vient cette idée, mais j’ai donc eu envie, il y a quelques temps déjà, au cours de modelage, de représenter une « sauvageonne », une figure féminine, portant des bois comme un cerf, le cheveu en bataille, profitant de la chaleur d’un rayon de soleil.
Bien sûr, je n’ai pas réussi à représenter ce que je voulais 😀 Mais le sujet me plaît et je le décline de temps en temps jusqu’à, peut-être, arriver un jour à la représenter vraiment telle que je me l’imagine. Sauvage, simple et connectée à la nature.
Pour commencer, la toute première version finie (faite en parallèle de celle en argile) …et j’ai oublié les bois 😀 Par contre, c’est peut-être la version où on voit le mieux qu’elle prend le soleil, non ?
Aquarelle
Puis voici la statuette en argile. D’une dizaine de centimètre de haut, je l’ai fait en cours de modelage. Faire des bois sans qu’ils ne cassent, faire aussi petit alors que j’étais débutante, autant de difficultés techniques pour lesquelles je n’avais pas le niveau ! Mais je suis toute de même contente du résultat (malgré la grossièreté des bois, je travaillerai ça mieux la prochaine fois)
Quand je me suis mise au pastel sec, j’ai bien sûr eu envie de me lancer dans une nouvelle version. Celle-ci a les yeux ouverts et, quand on voit la couleur de sa peau, elle ne doit pas prendre bien souvent le soleil 😀 Elle a par contre une très belle couleur de cheveux, non ?
Pastels secs
Voici une version toute sage au crayon de couleurs. Elle non plus n’est pas en train de prendre le soleil (yeux ouverts, visage de face). Elle est même un peu triste avec son regard baissé. J’aime tout de même comment ses bois se fondent dans ses cheveux et la finesse du trait des crayons.
Crayons de couleurs Polychromos
Voici une nouvelle version à l’aquarelle. Là, j’ai plus chercher à travailler le côté « tête levée vers le soleil » et à trouver les ombres. Elle n’est d’ailleurs pas face au soleil. Beaucoup d’erreurs dans ce dessin mais, toute mal placée qu’elle soit, j’aime bien la bouche.
Feutre fin et aquarelle
Il faut dire ce qui est, la suivante est assez moche, non ? Mais bon, elle fait partie de la série et elle est une de celles qui a le plus la tête levée. À creuser, donc.
Stylo bille
Dernière version – pour l’instant – j’étais partie pour faire un dessin au crayon uniquement mais l’appel de l’aquarelle pour lui donner ses cheveux roux était trop tentant (et j’aime l’idée de ne mettre en couleur qu’un élément, c’était à tester pour ma sauvageonne 😉 ).
Crayon « aqua sketch » et aquarelle
À l’aquarelle, en argile, au pastels secs, aux crayons de couleur, stylo bille… Quelle sera la prochaine technique ? Bon, cela dit, le but est surtout d’avancer. Là, je tâtonne, je la cherche et j’en profite pour apprendre des trucs (comme les ombres sur un visage levé)
En novembre dernier, je suis allé assister à la Valencerie à une séance de pose d’un modèle vivant. La journée était essentiellement destinée au modelage mais je suis quand même venue une demi-journée pour dessiner. C’était donc uniquement des poses courtes – car pour le modelage, la sellette sur laquelle le modèle pose est tournée fréquemment – mais toujours dans une même position du corps. Pour varier, João m’a donc fait varier les techniques et exercices.
Voici les résultats. Il y a du bon, quelques visages où quelque chose de la physionomie du modèle est présent et beaucoup de tâtonnements (je n’ai mis que le meilleur :p )
Crayon de papierCrayon de papierCrayon de papierAquarelleStylo billeSanguine, crayons noir et blanc sur papier brunSanguine, crayons noir et blanc sur papier brunPierre noire et crayon blanc sur papier brun
La lune et moi, restées seules, prenons le frais sur le pont D’après Kikusha-Ni
J’ai fais plusieurs variations sur ce même haïkus. Alors que je n’en utilise que très peu, l’or m’a paru être nécessaire pour parler de la lune. Ensuite, le noir pour l’obscurité et le recueillement et le blanc pour la lumière.
Cela arrive souvent que je reprenne des mêmes phrases, qui me parlent, me plaisent, dans différents tableaux mais là c’est peut-être la première fois que je fais une série et cela m’a beaucoup plu. Il y a néanmoins un temps entre variation 1 et les autres ; ça se sent, non ?